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19/06/2002
èGorbatchev et la globalisation
Pour une Glasnost globale, par Mikhaïl Gorbatchev
Le 22 avril 2004 - Moscou -
La mondialisation fondée sur l'économie de marché tend à renforcer la
notion, dérivée de la théorie néo-libérale, selon laquelle les
indicateurs du produit intérieur brut seraient la seule mesure de la
richesse et du progrès d'une nation. On accorde plus d'importance à
l'accumulation de capital et à la consommation individuelle qu'aux
valeurs sociales et spirituelles ou à l'héritage culturel.
Les résultats cumulés de toutes les décisions individuelles fondées sur
cette logique conduisent à long terme à des conséquences imprévues et
dangereuses, à la fois pour l'environnement et pour la société.
Les tenants de cette mondialisation - les Etats-Unis notamment - sont ceux
qui bénéficient le plus de la diffusion de cette idéologie à travers la
planète. L'argument le plus souvent avancé est que la mondialisation,
telle que nous la connaissons, est un fait accompli, un processus que
nous ne pouvons absolument pas maîtriser.
Il n'est pas surprenant que ceux qui utilisent cet argument avec le plus
de virulence soient ceux qui veulent instiller dans l'opinion publique
la futilité et l'inutilité de toute opposition à la mondialisation.
Mais la mondialisation, comme tous les autres régimes économiques, est un
choix politique. Il n'y a aucun doute que la mondialisation s'explique
par la politique. Cela s'est clairement illustré ces dernières années à
travers la politique impérialiste de puissance menée par les
néo-conservateurs américains qui cherchent à tirer profit de la
mondialisation pour imposer leur volonté au reste du monde.
Pourquoi cette question de la puissance est-elle passée au premier plan ?
Il y a quelques faits simples.
Les ressources naturelles sont limitées. Leur utilisation a déjà dépassé le
point critique. En s'adjugeant la part du lion des ressources, une
(toujours plus) petite partie de l'humanité prive le reste du monde
(une majorité toujours croissante) de l'accès à ces ressources qui,
dans de nombreux cas, représentent leurs moyens essentiels de
subsistance. En retirant la signature des Etats-Unis du Protocole de
Kyoto et en ouvrant les hostilités contre l'Irak sur la base de faux
renseignements, en violant la loi internationale et en contournant le
système des Nations Unies, le président George Bush a fait preuve d'un
mépris criant envers l'opinion mondiale et les intérêts d'autrui.
Pendant les deux premières années de sa présidence, sous prétexte de libérer la
croissance économique, Bush a fait subir aux politiques
environnementales nationales plusieurs changements majeurs qui ont
fortement ébranlé les piliers centraux de la législation écologique
américaine, établie lors des quatre décennies précédentes. Et il n'a
pas réfléchi à deux fois avant de dépenser des milliards (sans
mentionner les milliers de vies humaines) dans la guerre en Irak.
Une telle façon de faire est pleine de dangers, non seulement pour
l'environnement mais aussi parce que cela exacerbe les conflits globaux
entre le Nord et le Sud, entre les riches et les pauvres. Les terribles
événements du 11 septembre 2001 ont été l'illustration de ce qui peut
émerger d'une profonde inégalité.
Y a-t-il une alternative ? Oui. L'histoire
n'est pas prédéterminée. Il y a place pour une alternative dans toute
situation. C'est cette poursuite d'un modèle alternatif qui a conduit à
l'élaboration d'un programme mondial de développement durable en 1992.
L'agenda 21 a été soutenu par les Nations Unies et signé par les chefs d'Etat et
de gouvernement de la plupart des pays à Rio. Pour la première fois
dans l'histoire, la communauté mondiale a réussi à élaborer et se
mettre d'accord sur un plan stratégique conçu pour traiter le double
problème de la pauvreté et de la dégradation de l'environnement.
Cependant, de sérieux obstacles ont émergé au moment de la mise en oeuvre.
Globalement parlant, les gouvernements des pays industrialisés ont
choisi de retirer leurs engagements, en particulier ceux concernant les
contributions d'aide au développement, en faveur de la philosophie du
libéralisme économique, de la dérégulation et d'une croissance
économique accélérée. Dans l'intervalle, les opposants au paradigme du
développement durable n'ont épargné aucun effort pour essayer de
discréditer l'idée dans l'opinion publique. Et cependant l'intérêt est
encore là. Ce que l'on nomme "le mouvement
anti-mondialisation" (en fait un mouvement contre le
fondamentalisme de l'économie de marché) est en faveur d'un modèle de
développement alternatif. Son leitmotiv est "Un autre monde est
possible !" Les partis socio-démocrates internationaux, les
mouvements ruraux du Slow Food et les mouvements
"verts" de par le monde, de même que des milliers d'ONG
(Organisations Non Gouvernementales) représentant des millions de
membres, soutiennent le principe de développement durable. Ensemble,
ces groupes et mouvements sont une force puissante dont la pression se
fait de plus en plus sentir auprès de l'élite dirigeante.
Alors, que pouvons-nous pour faire la différence ? Tout d'abord, il nous
faut combler le fossé entre notre conscience morale et les défis de
notre époque. Le consumérisme et l'égocentrisme national continuent à
menacer sérieusement la réalisation des buts du développement durable.
Un retournement de la situation ne sera pas possible tant que perdurera
le fossé entre le besoin objectif d'inverser les types de comportements
répandus actuellement et la non disposition subjective des Etats, des
communautés et des individus à le faire. Ce retournement doit commencer
par des changements dans l'esprit humain grâce à une modification des
priorités dans notre système de valeurs.
Aujourd'hui je suis convaincu que les citoyens du monde ont besoin d'une nouvelle
forme de "glasnost" pour les revigorer, les informer et les
inspirer afin de mettre les ressources faiblissantes de notre planète
et notre connaissance au bénéfice de tous. Nous ne devons pas revenir
au temps des dépenses militaires démesurées et de la peur des peuples
dont les modes de vie sont différents du nôtre. Une fois que les gens
savent qu'ils ont le pouvoir de changer cela, ils ne peuvent tolérer
davantage de vivre sur une planète où des millions d'enfants n'ont pas
d'eau potable à boire et vont se coucher affamés.
La "glasnost" pourrait servir d'expression générique pour tous
les moyens et méthodes dans le combat pour une conscience globale. La
"glasnost" est un processus d'éveil long et difficile et
qui conduit inévitablement à des appels en faveur de changements
fondamentaux.
On a besoin d'urgence d'un tel processus pour s'attaquer à la prédominance
des intérêts à court terme et à l'absence de transparence là où le sort
de la planète est en train d'être décidé.
J'ai foi en l'humanité. C'est cette foi qui m'a permis de rester un optimiste actif.
Michaïl Gorbatchev,
dernier président d'Union Soviétique, a reçu le Prix Nobel de la Paix
pour avoir contribué à la fin de la guerre froide. Il est maintenant
président de Green Cross International (La Croix Verte Internationale).
- For A Global Glasnost, by Mikhail Gorbachev, commonsdreams.org
- greencrossinternational.net
- Traduction bénévole du rezo des Humains Associés : DV
Note : Glasnost
"La Glasnost (transparence en russe) est une politique de divulgation de
l'information, introduite par Mikhaïl Gorbatchev en URSS en 1985. Le
but de Gorbatchev avec la Glasnost était en partie de mettre la
pression sur les conservateurs du parti qui étaient opposés à sa
politique de restructuration économique (Perestroïka). Grâce
à cette politique de transparence, la population apprit une bonne part
des horreurs commises par le gouvernement quand Staline était au
pouvoir. La Glasnost donna de nouvelles libertés au peuple, comme la
liberté d'expression, ce qui signifiait un changement important dans la
mesure où la contrôle des idées avait été une partie centrale du
système soviétique. Des milliers de prisonniers politiques et beaucoup
de dissidents furent également libérés. Malgré
cela, l'idée de départ de Gorbatchev de rénover l'Union soviétique via
la Glasnost et la Perestroïka n'aboutit pas et le régime s'effondra en
1991."
source : Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Licence de documentation libre GNU.) http://fr.wikipedia.org/wiki/Glasnost.
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Remercions www.paxhumana.info/ pour ce texte.
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