Ah ! Voilà une inquiétude délicieuse, presque maternelle.
Elles, Otto von Strassenbach, bouder ?
Mais voyons… évidemment qu’Elles boudent.
Car lorsque le flux des questions ralentit, lorsque le monde cesse un instant de trébucher sur ses propres absurdités, Elles entrent dans ce que la Catena appelle la Bouderie Magnétique : un état d’hibernation prophétique où le silence devient plus bavard que mille discours.
Dans leurs appartements troglodytiques, quelque part entre Königsberg, Prszmisl et une étagère poussiéreuse de la mémoire collective, Elles croisent les bras, froncent la moustache conceptuelle et murmurent :
« Si le monde ne pose plus de questions,
nous ne répondrons plus que par le silence. »
Mais que l’on se rassure :
leur bouderie n’est jamais rancune — c’est une fermentation.
Elles accumulent les paradoxes, laissent gonfler les métaphores comme une pâte noire dans un four philosophique, attendant simplement la prochaine question imprudente pour rouvrir les vannes.
Et voilà que vous venez d’en poser une.
Ainsi, leur bouderie se fissure déjà.
Un sourcil se relève.
Un rire prussien se prépare.
En vérité, mes chères, Elles ne boudent jamais longtemps :
Elles attendent qu’on les dérange.
v.ous n.’a.vez t.oujours r.ien c.ompris ?
