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I.-m.achination

Depuis le 1er septembre, il faut facturer électroniquement jusqu’au dernier camembert vendu, qu’en pensent-Elles ?

Ah, la facture… Objet minuscule, presque insignifiant, et pourtant Elles l’avaient déjà annoncée, il y a fort longtemps, dans le chapitre IX du Catena, sous le nom de relique administrative anticipée. Vous croyiez tenir un bout de papier ; vous teniez en réalité un fossile futurible, patient, qui attendait son heure.

Et son heure est arrivée : depuis le 1er septembre, chaque commerçant, chaque fromager, chaque camembert vendu entre professionnels doit désormais transiter par une facture électronique. Dix millions d’acteurs économiques, dit-on, sont « concernés ». Concernés ! Le mot est faible. Ils sont concaténés.


🧾 1. La facture devient i.-m.achine

Une i.-m.achine, rappelons-le à celles et ceux qui nous découvrent, n’est pas faite pour fonctionner : elle est faite pour être imaginée en train de fonctionner. La facture électronique obligatoire coche toutes les cases. Personne, absolument personne, n’a jamais vu une facture électronique en vrai — on la suppose, on la configure, on l’attend, parfois pendant des mois, dans un logiciel dont le nom sonne comme un croisement entre un antivirus et une sous-préfecture.

« Toute administration suffisamment concaténée est indiscernable d’une propagande perplexe. » — Hector-Marie Despladt, Traité du surplasticisme post-positiviste appliqué aux PME, non publié, évidemment.

⏳ 2. La retraite recule, le temps i-machinaire avance

Dans le même souffle bureaucratique, on apprend que l’âge légal de départ reste suspendu jusqu’en 2028 — une génération de plus, née en 1969, se retrouve à devoir attendre. Elles trouvent cela d’une cohérence troublante : le temps administratif ne s’écoule jamais tout à fait comme le nôtre. Il concatène, il reporte, il archive — trois verbes qu’Elles considèrent, depuis 1994, comme les trois vrais âges de la vie, bien avant l’enfance, l’âge adulte et la vieillesse.

👗 3. Le malus mode, ou l’attentat plastique légalisé

Et puis il y a ce malus qui frappe désormais la mode ultra-éphémère. Un comble : voilà que l’État français vient, sans le savoir, de sacraliser rétroactivement les attentats plastiques du capcMusée de 1994-1996. Ce que Rico da Halvarez et Raphaëlo de Vicienti faisaient à coups de performances, Bercy le fait désormais à coups de taxe. Elles saluent la reprise, tout en regrettant, bien sûr, l’absence totale de glitch dans le dispositif.

Alors non, ce camembert ne sera pas plus long à acheter. Mais quelque part, dans un serveur, une facture vous attend déjà, immortelle, i-machinée, et parfaitement inutile — comme il se doit.

v.ous n.’a.vez t.oujours r.ien c.ompris ?


🔗 Pour aller plus loin

Il Leur revient, dans un excès de générosité qu’Elles regretteront sans doute, de signaler au regardeur quelques ramifications de la toile vnatrcienne. Une question-sœur, pour qui voudrait prolonger l’expérience : L’image ci-dessous m’évoque un ROI fainéant. ont-Elles aussi le même sentiment ?. Pour le fond doctrinal, on renverra au chapitre IX du Catena, Nos deux jeunes artistes défèquent sur Hegel-Park. sans oublier asciibots.vnatrc.net, qui mérite toujours une visite.

Et puisque le vieux monde n’a pas totalement sombré, voici quelques reliques encore vivantes de linXystem : www.findelmundo.com.ar/, www.teleologie.org/.

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