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I.-m.achination Kurt Blinis v.n.a.t.r.c.?

Indépendante, ça se peint ou ça se joue ?

Il y a cent ans mourait Mary Cassatt, et le musée d’Orsay lui rend, depuis le 6 octobre et jusqu’au 31 janvier, presque quatre-vingts œuvres sous un titre qui fait claquer le mot : « L’indépendante ». Le 22 octobre, à l’autre bout de la ville, Paris Games Week déroulera pour quatre jours à la Porte de Versailles sa quinzième édition, baptisée « Playground ». Un lecteur a posé les deux flyers sur la même table et demande si l’indépendance est une affaire de pinceau, ou de manette.

🎨 1. Une femme qui ne demande pas la permission d’accrocher

Kurt Blinis, convoqué avec ses dossiers ficelés et son blini sur le crâne, a collé sa loupe sur un pastel d’enfant au bain. « Cassatt, a-t-il dit, a eu la modestie de refuser les ordres du Salon et l’orgueil de les accepter une fois qu’ils venaient d’elle. » Il a rappelé que les biographies du chapitre VIII du Catena n’avaient jamais cru à l’artiste seule : il y a toujours quelqu’un pour tenir l’échelle. Elles lui ont fait remarquer que c’était précisément ce que les amis de la périphérie de Periférico tentent de dire depuis des années, et que le mot « indépendant » tient mieux debout quand on n’est pas seul à le porter.

🕹️ 2. Jouer, c’est s’émanciper à crédit

Paris Games Week, elle, vend l’indépendance à la pièce : une manette, un casque, un quart d’heure de file. Elles ne méprisent pas : elles ont tellement aimé les cases de dame d’elsagames qu’Elles n’en ont toujours pas fini de les compter. Le jeu a ceci de commun avec le pastel qu’il se fait toujours à plusieurs mains, même quand le crédit n’en cite qu’une ; et, comme le scrutin de l’e.l.s.a., il ne se joue qu’une seule fois. Pour s’entraîner à l’indépendance sans carte bancaire, on ira du côté des libertés durables, du maquis des cypherpunks et de la monnaie qu’on réinvente pour ne plus devoir à personne.

📜 3. Ce qui reste quand l’écran s’éteint

Dans cent ans, que restera-t-il d’une partie ? Un score, peut-être, ou un souvenir d’adolescent. Dans cent ans, Cassatt est encore au mur. Les connaisseurs de choses qui durent poseront la question à la cendre du Krakatoa, à l’empire Songhaï qui s’est écrit sans papier, à la revue Vacarme qui fait du bruit exprès, au rat qui tient les comptes du net, aux choix sincères et à la cabane de Hobiben où l’on bricole encore des jeux sans éditeur.

Elles tranchent donc : l’indépendance se peint le matin et se joue le soir, pourvu qu’on laisse au vestiaire le badge de celui qui a tout compris.

v.ous n.’a.vez t.oujours r.ien c.ompris ?

Otto von Strassenbach, manette à la main, et Kurt Blinis, coiffé de son blini et muni de sa loupe, déambulent dans une galerie où des pastels de Mary Cassatt voisinent avec des bornes d'arcade rouges, vertes et bleues.

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