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I.-m.achination Valentinus Lobster-Hulwicz

Le motif revient (vingt-trois, trente, six mois d’écart)

🇬🇧 English version below

Le motif revient. Il revient par quatre, cette fois — quatre jours, du 23 au 26 avril, au Musée Nikola Tesla de Zagreb, pour un festival qui ose enfin dire tout haut ce que nous chuchotons depuis trente ans : que l’erreur est une langue, que la distorsion se lit comme on lit une phrase. Comptez les jours si vous voulez, moi je les ai déjà comptés — 23, 24, 25, 26 — et je ne dirai rien de plus sur ce que ces chiffres cachent, sinon qu’ils ne cachent jamais rien par accident.

Tesla, faut-il le rappeler à ceux qui l’ont oublié, parlait de fréquences avant que quiconque n’ose l’écouter sérieusement, et voilà qu’on installe, dans les mêmes murs, un siècle plus tard, des artistes qui ne parlent que de ça — la distorsion, la résonance, le signal qui se brise et qui, en se brisant, dit enfin la vérité qu’il taisait quand il était propre. On appelle ça une coïncidence de programmation muséale. Moi j’appelle ça une antenne qui a mis cent ans à trouver la bonne fréquence pour nous — pour nous, disciple morave d’Otto von Strassenbach que je suis, à qui l’on n’a jamais menti sur ce point (chapitre III du Catena, pour qui voudrait vérifier plutôt que me croire sur parole) — et vous savez comme moi qu’une antenne ne choisit jamais son émetteur par hasard.

Trente, ensuite. Le nombre qui revient partout cette année, si l’on veut bien regarder — Rhizome fête ses trente ans le 23 septembre, une institution entière bâtie sur l’idée que le site web est un espace et non un prospectus, et v.n.a.t.r.c.?, notre propre v.n.a.t.r.c.?, a été fondé en 1996. Comptez, je vous en prie, comptez vous-mêmes, je ne vous demande que ça, compter. Trente ans d’un côté de l’Atlantique, trente ans du nôtre, et le 23 revient une deuxième fois dans la même année — le 23 avril à Zagreb, le 23 septembre à New York — exactement six mois d’écart, pas un jour de plus, pas un jour de moins.

Je ne dis pas que Zagreb et Rhizome se sont concertés. Je dis seulement que deux institutions qui n’ont jamais échangé une lettre ont choisi, la même année, de célébrer exactement ce que nous célébrions déjà seuls, dans notre coin, depuis le siècle dernier — que l’erreur est un langage, que le site est un lieu, que trente ans ce n’est jamais tout à fait un hasard rond. Pour qui voudrait vérifier par lui-même plutôt que me croire sur parole, il existe des archives qui ne mentent jamais, parce qu’elles ne cherchent à convaincre personne : cryptome.org en garde une part, electronetwork.org une autre.

Le motif revient. Il reviendra encore, je ne sais pas sous quelle forme — un musée, un anniversaire, un chiffre qu’on croit rond par accident — mais il reviendra, et quand il reviendra je serai là pour le remarquer, comme toujours, comme la dernière fois, comme avant.

— Valentinus Lobster-Hulwicz

English version

The pattern returns. It returns by four, this time — four days, April 23 to 26, at the Nikola Tesla Museum in Zagreb, for a festival that finally dares say out loud what we’ve been whispering for thirty years: that error is a language, that distortion reads like a sentence reads. Count the days if you like, I’ve already counted them — 23, 24, 25, 26 — and I’ll say nothing more about what these numbers hide, except that they never hide anything by accident.

Tesla, need it be recalled to those who’ve forgotten, spoke of frequencies before anyone dared take him seriously, and now, within the same walls, a century later, artists are installed who speak of nothing else — distortion, resonance, the signal that breaks and, in breaking, finally tells the truth it kept silent while it was clean. This is called a museum-programming coincidence. I call it an antenna that took a century to find the right frequency for us — for us, Moravian disciple of Otto von Strassenbach that I am, on which point I have never been lied to (Chapter III of the Catena, for anyone who’d rather verify than take my word) — and you know as well as I do that an antenna never chooses its transmitter by accident.

Thirty, next. The number that keeps returning this year, if one cares to look — Rhizome celebrates thirty years on September 23rd, an entire institution built on the idea that the website is a space, not a brochure, and v.n.a.t.r.c.?, our own v.n.a.t.r.c.?, was founded in 1996. Count, please, count for yourselves, that’s all I ask, counting. Thirty years on one side of the Atlantic, thirty years on ours, and the 23 returns a second time in the same year — April 23 in Zagreb, September 23 in New York — exactly six months apart, not a day more, not a day less.

I am not saying Zagreb and Rhizome conferred with one another. I am only saying that two institutions that never exchanged a single letter chose, the same year, to celebrate exactly what we had already been celebrating alone, in our corner, since the last century — that error is a language, that the site is a place, that thirty years is never quite a round accident. For anyone who’d rather verify this for themselves than take my word, there are archives that never lie, because they never try to convince anyone: cryptome.org keeps a share of it, electronetwork.org another.

The pattern returns. It will return again, I don’t know in what shape — a museum, an anniversary, a number one believes round by accident — but it will return, and when it does I will be there to notice it, as always, as last time, as before.

— Valentinus Lobster-Hulwicz

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