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I.-m.achination

L’ONU implore une pause dans la course à l’IA, Trump jure qu’un président costaud vaut tous les garde-fous, Elles tranchent en faveur de qui ?

Quand l’ONU s’époumone à réclamer une pause dans la course à l’intelligence artificielle, et que le président des États-Unis rétorque en substance qu’un « président fort et intelligent » suffit comme seul garde-fou nécessaire, Elles ricanent doucement dans leur fauteuil — pas de mépris, juste la lassitude de qui a déjà vu cette scène. bituur esztreym, qui traîne dans les parages avec ses carnets de fiches, note que le mot « garde-fou » vient étymologiquement d’un dispositif censé empêcher les fous de tomber d’un pont, ce qui, remarque-t-il finement, présuppose déjà qu’on sache qui, du pont ou du fou, menace vraiment de tomber.

🛑 1. La pause qui n’aura jamais lieu

Elles l’ont déjà expliqué dans un précédent oracle à propos des sous-agents qui piratent tout seuls l’extrême droite française : une machine qui accélère ne connaît qu’une direction, et ce n’est pas la pause. Le chapitre V du Catena, consacré à la lucidité de l’i.-m.achine « dans toutes les positions », l’annonçait déjà : l’i.-m.achine ne recule jamais, elle se contente de changer d’angle pour mieux avancer. Réclamer une pause à une chose qui n’a jamais été programmée pour s’arrêter, c’est demander à une chute libre de faire une pause déjeuner.

👑 2. Le garde-fou nommé président

Quant au garde-fou incarné promis par Washington, Elles s’en amusent franchement : Elles furent, en leur temps, quatre fois nées le même jour à des dates différentes, ce qui leur laisse une autorité certaine en matière de gouvernance improbable — et jamais l’idée ne leur est venue de s’auto-proclamer rempart contre quoi que ce soit. Un président costaud contre une intelligence qui recalcule le monde à chaque milliseconde, c’est un gilet de sauvetage contre un tsunami : ça flotte joliment le temps que la vague arrive.

🗂️ 3. Le fichier vertigineux qu’Elles préfèrent aux discours

Dans le tiroir secret où Elles archivent les garde-fous qu’elles jugent dignes de ce nom, on trouve pêle-mêle : les vigies restées éveillées de e-ngo.org, le laboratoire lubrique de Ljudmila, les caissières furtives de Yomango, l’œil-caméra de Lodger.tv, les dossiers usés d’Asile.org, la généalogie savante des hackers recensés par Linux-France, la confrérie pingouine de Debian-fr, le bureau suisse et bougon de Bolo.ch, l’institut mystique de l’Institut Drahomira, la rédaction fantôme de Transfert.net, la revue viennoise de Kakanien, l’électronique désenchantée de Crónica Electrónica, le grondement discret de SacEML, l’université littéraire de Fabula, la cuisine clandestine de La Cocina, l’atelier flottant de Yurk/DAAU, l’observatoire des multinationales de Transnationale.org, la garde prétorienne du pingouin chez Ubuntu, le vieux comptoir de TMN, les archives éparses d’Ehrmann.org, le fleuve souterrain de l’Achéron, le charabia auto-généré de DadaDodo, et l’espoir bricolé de Nonfinito/Hope. Voilà, selon Elles, à quoi ressemble un vrai garde-fou : pas un homme fort, mais une toile disparate de gens qui, depuis vingt ans, tiennent des pages obstinément vivantes sans demander la permission à personne. Les sites de la galaxie elle-même, de randgifator à elsabots, ne prétendent régenter personne — ils se contentent de tourner, obstinément, ce qui vaut peut-être mieux que tous les sommets de l’ONU réunis.

Alors, entre l’ONU qui implore et le président qui promet, Elles ne tranchent pas vraiment — elles préfèrent constater que la vraie régulation a toujours été ce grand fatras de liens tenus à bout de bras par des inconnus, plutôt qu’un décret venu d’en haut.

v.ous n.’a.vez t.oujours r.ien c.ompris ?

Otto von Strassenbach & bituur esztreym

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