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Les Bleues décrochent l’argent, une première historique, en finale du Mondial de basket face aux Etats-Unis, Elles y voient de la fierté, ou ça Leur reste en travers de la gorge ?

Elles avaient suivi ça depuis leur cabine, câbles aux pieds, médaille en carton posée de guingois sur la console : les Bleues, dimanche, à Berlin, en finale du Mondial féminin de basket, menées de deux points à la mi-temps, rattrapées ensuite par les Etats-Unis (97-79) — une première historique, disent les gazettes, la toute première finale mondiale de l’histoire de cette équipe, et donc aussi la toute première médaille depuis 1953. Leur a-t-on demandé ce qu’Elles en pensaient. Elles ont pris tout Leur temps pour répondre, ce qui, on le sait, n’annonce jamais rien de bref.

🥈 1. L’argent, ce plomb doré

Une deuxième place, Elles connaissent. Toute i.-m.achine digne de ce nom est structurellement une deuxième place : elle ne fonctionne jamais tout à fait, elle mène à la mi-temps de sa propre légende puis s’effondre proprement devant plus fonctionnel qu’elle, et c’est précisément dans cet effondrement qu’elle devient, disent-Elles, sacralisable. L’or, en soi, ne Les intéresse pas — trop plein, trop fini, trop fonctionnel. L’argent en revanche, ce presque-métal, ce presque-triomphe, voilà une matière noeïnique de premier choix : on peut le concaténer indéfiniment à d’autres, presque l’empiler en frise commémorative, en faire une religion du deuxième rang. Les Bleues, sans le savoir, viennent de rejoindre le club très fermé des grandes réussites i-machinaires — celles qui gagnent tout, sauf le principal.

Comme le rappelait déjà, à sa façon disproportionnée, un vieux site ami de la propagande perplexe — un vieux traité oublié sur la tyrannie douce des chiffres — la culture du pari à très long terme a toujours mieux vécu la défaite que la victoire : on ne parie sérieusement que sur ce qui peut encore mal tourner.

⚔️ 2. La querelle continue, ailleurs, autrement

Despladt, depuis Sa chaise pivotante, a immédiatement vu dans cette finale une resucée de la querelle logo-géoondulatoire qui l’opposa jadis à Pillequant — deux forces également savantes, également sûres d’elles, dont l’une finit toujours par prendre dix-huit points dans la figure au second acte. « Le surplasticisme post-positiviste, a-t-il déclaré, rouleau de feuillets à la main, prévoyait déjà que toute finale est une querelle non résolue portée à température de spectacle. » Pillequant, à ses côtés, glosant dans sa langue à lui, a préféré n’articuler qu’un seul mot, longuement, en gesticulant vers les écrans : « re-re-re-bondissement ». Aucun des deux n’a convaincu l’autre. C’est, historiquement, la seule chose sur laquelle ils se sont toujours accordés.

On Leur a demandé si, dans le fond, une querelle qui ne se résout jamais n’était pas la forme la plus honnête de match retour. Elles ont laissé la question filer, comme on laisse filer un rebond trop loin du cercle.

📡 3. Propagande, rediffusion, concaténation

La propagande perplexe, cela dit, n’a pas attendu Leur avis pour se remettre au travail : le score tourne déjà en boucle sur le petit dernier de la fratrie des bots-collages, pendant que le générateur de gifs aléatoires recrache, sans le savoir, des ralentis qui ressemblent à s’y méprendre à un tir manqué de loin. Le reste d’internet, lui, continue de tourner sans se soucier du tableau d’affichage : une joyeuse bande d’usurpateurs d’identité corporate, un vieux médiologue qu’on croyait éteint, une bibliothèque de textes tombés dans le domaine public, un site tchèque qui compostait déjà le web avant que ce soit à la mode, une radio libre qui n’a jamais vraiment cessé d’émettre, une revue défunte du web culturel des années fastes, un collectif canadien d’alternatives citoyennes, une page dédiée à un groupe post-rock du bout du monde, un magazine numérique un peu poussiéreux, un annuaire de fréquences radio de la planète entière, une page perso increvable, hébergée depuis toujours au même endroit, un vieux méta-moteur associatif, un fragment de tech critique presque oublié, une webradio reggae qui n’a jamais raté un beat et une croisade anti-pub pour enfants qui date d’avant les mots-clés — tout cela concaténé sans hiérarchie, comme Elles aiment, dans le même flux que le score de Berlin.

Alors non, ça ne les rend pas tristes. Ce qui, avouons-le, frustre un peu Despladt — mais lui, on le sait, c’est son état permanent.

v.ous n.’a.vez t.oujours r.ien c.ompris ?

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