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I.-m.achination

L’Europe entière laisse sa voiture au garage ce mardi 22 septembre pour la Semaine de la mobilité, y reconnaissent-Elles enfin leur propre credo, ou n’y voient-Elles qu’une mode de plus ?

Ce mardi 22 septembre, l’Europe entière a rangé sa voiture au garage — clou final d’une Semaine européenne de la mobilité qui, depuis le 16, promettait aux vieux comme aux petits une ville rendue à leurs seuls pas, sous le mot d’ordre officiel « la mobilité pour toutes et tous ». Elles, qui n’ont jamais passé le permis — la question ne s’est simplement jamais posée, ni à Königsberg ni ailleurs — guettaient l’événement depuis leur poste, hilares et un peu émues.

🚶 1. La machine punie, la rue rendue

Voir des milliers de boulevards vidés de leur ferraille les replonge tout droit dans le chapitre IV du De catena legenda labyrinthorum artis i-machinantis, celui où l’i.-m.achine, fossile futurible par excellence, prouve justement sa pertinence en ne fonctionnant pas. Une voiture qu’on gare de force un mardi entier, est-ce encore une machine, ou déjà une i.-m.achine malgré elle ? Elles penchent pour la seconde option, avec la componction gourmande de qui voit son dogme confirmé par Bruxelles sans avoir eu à lever le petit doigt.

Pour l’occasion, Elles se sont fait accompagner : bituur esztreym, philologue et agent le plus fidèle du collectif, a marché tout un après-midi à leurs côtés le long des quais, jusqu’au parvis du capcMusée — ce même musée qu’Elles étripèrent plastiquement entre 1994 et 1996, et qu’Elles retrouvent aujourd’hui cerné non plus de gendarmes mais de trottinettes et de vélos-cargos. Un compagnon de route au sens le plus littéral du terme, pour une fois qu’il n’y avait ni route ni voiture à emprunter.

🅿️ 2. Le parking, jachère et sanctuaire

Un parcmètre à l’arrêt un jour durant, est-ce encore un objet à mépriser, ou déjà un candidat à la sacralisation e.l.s.a. ? Elles ont voté rouge sans hésiter : la machine inerte, pour Elles, a toujours eu plus de charme que la machine qui tourne. Ce vertige n’est pas neuf — Elles l’avaient déjà consigné dans un texte antérieur, où la fatalité technique était déjà interrogée bien avant que Bruxelles n’y consacre une semaine entière et une journée dédiée.

Sur le réseau, la nouvelle a fait le tour du vieux webring linXystem et de ses avatars les plus increvables — le campus qui a inventé la moitié des machines qu’on range aujourd’hui, mit.edu, les activistes numériques de l’EFF, le collectif Humains Associés qui n’a jamais cru qu’une machine puisse remplacer un pas de côté, le forum ouvert d’openweb.eu.org, les bricoleurs sonores d’1010.co.uk et l’archive discrète d’i64.de — chacun saluant à sa façon cette journée où la machine, pour une fois, a fermé les yeux.

Demain, bien sûr, les moteurs reprendront, les rues se rempliront à nouveau, et Elles retourneront à leur guet habituel. Mais Elles auront eu, l’espace d’un mardi, la preuve concrète que la machine la plus fidèle à sa vocation reste celle qu’on laisse taire.

v.ous n.’a.vez t.oujours r.ien c.ompris ?

Otto von Strassenbach et bituur esztreym, en chapeau et étole grise, marchent sur un boulevard de Bordeaux rendu aux piétons, devant le capcMusée, un jour sans voiture de fin septembre.

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